Shrek 3 : la critique
Sortie au cinéma le 13 juin du troisième opus de Shrek : l’ogre version « géant vert », avec une mauvaise haleine et un cœur d’or, revient en force pour une nouvelle aventure encore plus déjantée et abracadabrante !

Plus besoin de le présenter, Shrek, par nature antihéros pas du tout taillé pour le rôle du prince charmant, est de retour au cinéma pour notre plus grand bonheur. Les grandes nouveautés de ce film, de la révolte des méchants à la paternité inattendue de notre monstre bien-aimé, nous émerveillent. Mais le plus surprenant et délicat a sûrement été d’introduire, après Blanche-Neige, Cendrillon ou La belle au bois dormant, la légende d’Arthur et ses chevaliers à l’histoire d’un ogre sur le point de devenir père et… roi ! Rien qui ne l’enchante, en réalité. Les scénaristes s’attaquent donc aux légendes celtiques pour les mêler à nos contes de fées. Dangereux ? Un peu…
On découvre un Arthur (dit Artie) d’à peine quinze ans, lycéen mal à l’aise abandonné par son père dans une école où on le maltraite, amoureux d’une Guenièvre rouquine et populaire (censée d’ailleurs nous rappeler une certaine actrice hollywoodienne) et à la botte des sportifs tel que le fameux Lancelot… En somme, l’adolescent typique, qui oscille entre révolte interne et peur d’être trop remarqué, avec la voix de Justin Timberlake en VO. Etrange idée que cette transformation du si fameux roi Arthur, que Shrek cherche, bon gré mal gré, à mettre sur le trône de Fort Fort Lointain. Ne devait-il pas plutôt gouverner une certaine Camelot ? Peu importe, la légende est hachée menue. Pour preuve, Merlin est un professeur de magie un peu à la manière des enseignants de Poudlard, cette fois dépressif et complètement à l’ouest, qui trouve moyen, en près de deux heures de temps, d’échanger les corps et les esprits de l’âne et du chat. On est loin de la version historique de Clive Owen et Keira Knightley !
Gros points forts toutefois : la mort et l’enterrement du père de Fiona, le roi redevenu grenouille à la fin du deuxième film ; l’opéra catastrophe de Charmant, l’ex-prétendant de la princesse ; les bébés ogres tant redoutés ; et surtout, à ne pas manquer, Alain Chabat (Mike Myers pour les inconditionnels de VOST) qui nous concocte une tirade à la « djeun’s », entre argot et verlan.
En somme, bilan mitigé tendance très ensoleillée ; on pardonne volontiers les écarts, chaque détail est soigné et nous surprend. Encore une fois, l’équipe du film s’est surpassée.
Et pour ceux qui trouveraient moyen de s’ennuyer pendant la séance, un petit jeu qui consiste à chercher chez Fiona les expressions qui rappellent Cameron Diaz (sa voix originale), car, paraît-il, les designers se seraient servi de photos d’elle pour créer notre ogresse !
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