Qu’est-ce qu’un oméga ?

C’est un acide gras polyinsaturé, c’est-à-dire qui contient dans sa structure moléculaire plusieurs doubles liaisons entre deux atomes de carbone. Dans acide gras il y a gras : ces acides sont en fait de la famille des lipides (des graisses). On trouve ces acides gras polyinsaturés essentiellement dans les produits d’origine végétale tels que l’huile ou la margarine ; les produits animaux comme le beurre contiennent des acides gras saturés, sans double liaison carbone-carbone. Le nom d’oméga vient en fait d’une nomenclature de ces acides propre aux nutritionnistes, différentes de celle utilisée couramment en chimie traditionnelle.

L’histoire des omégas 3 et 6.

Dans les années 50-60, une première étude démontre que la consommation d’acides gras insaturés (d’origine végétale), essentiellement à l’époque les oméga-6, fait diminuer le taux de cholestérol circulant et donc les maladies cardio-vasculaires puisque le cholestérol bouche les artères coronaires.

Une étude danoise de 1950 jusqu’à 1974, comparant le type d’alimentation des esquimaux du Groenland à celui de la population du Danemark, tire une conclusion rapide de ses statistiques : les oméga-3 diminuent le risque d’infarctus bien plus efficacement que les oméga-6.

C’est le grand boum des oméga-3 !

D’où vient la différence, docteur ?

Petit exemple de mécanisme :

Certains oméga-6, après absorption et modification enzymatique dans notre corps, vont intervenir sous forme de thromboxane A2 dans l’agrégation plaquettaire. Elles vont devenir un agent de communication cellulaire qui dit aux plaquettes du sang de se coller les unes aux autres pour rendre le sang plus dense et permettre la coagulation (lors de lésions, de coupures, etc.).

En revanche, certains oméga-3 vont eux se transformer dans notre corps en prostaglandine I3, un antiagrégant qui empêche les plaquettes sanguines de s’agglutiner et qui a donc un effet fluidifiant sur le sang.

Les effets sont donc parfaitement contraires !

En somme, pour un danois qui consomme peu d’oméga-3, la moindre petite lésion peut entraîner un petit caillot qui pourrait boucher les coronaires, d’où l’infarctus cardiaque. Mais ce que l’étude danoise publiée en 1974 oubliait de vous dire, c’est que les esquimaux du Groenland, dont l’alimentation était riche en oméga-3 car riche en poissons d’eaux froides, coagulaient mal et mourraient fréquemment d’hémorragie cérébrale, ce qui est logique puisque les oméga-3 ont tendance à empêcher l’agrégation plaquettaire !

Les bienfaits et autres effets surprenants :

En vrac et pour vous rassurer :

  • Les oméga-3 ont un effet bénéfique dans l’asthme et l’arthrite et une action favorable dans l’insuffisance rénale, les dermatites, les maladies cardiaques et le cancer
  • Les oméga-6 sont à conseiller aux hémophiles.

La morale de l’histoire : se méfier des statistiques, manger de tout et, surtout, penser à consommer assez de vitamine E !

Article par Lebh : culfinwen(@)hotmail.com

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