Plein de farces, de bons sentiments et de prouesses techniques, Happy Feet rivalise volontiers avec Shrek et l’Âge de glace dans le domaine de l’animation 3D. L’histoire, pourtant, n’est pas si exceptionnelle : encore et toujours un petit être pas comme les autres dont la différence effraie et qui, pour être accepté par les siens, part au bout du monde.

Mais le manque d’originalité est vite rattrapé par le cadre peu banal de l’histoire : banquises, manchots Empereurs (les « aquaboys » !), pingouins Adélie qui ramassent des cailloux et léopards des mers affamés, du jamais vu, ou presque !

La parade nuptiale en chanson nous fait regretter la voix suave d’Emilie Simon et les commentaires magiques de Romane Bohringer. Très vite, les images, merveilles techniques à n’en pas douter, deviennent toutefois fades et grotesques pour quiconque ayant savouré le film La marche de l’Empereur. Mais peu importe, ne comparons pas l’incomparable.

Le film brille par son casting. Les voix originales nous donnent le grand frisson, avec les deux comparses du Seigneur des Anneaux Elijah Wood et Hugo Weaving ainsi que Nicole Kidman, qui avait déjà fait ses preuves en chanson dans Moulin Rouge, ou encore Robin Williams et Brittany Murphy. La version française n’a pas à se plaindre non plus : Marianne James, de la Nouvelle Star, Sophie Marceau et Marion Cotillard, et même Anthony Kavanagh et Kad Merad de Kad et Olivier. En bref, un plaisir pour les oreilles.

Mumble le manchot qui danse et qui ne sait pas chanter va également devenir, espérons-le, pour nos jeunes générations, un vecteur de prise de conscience, et être pour les enfants ce que le film d’Al Gore est pour les grands. La colonie de Mumble est en proie à la famine, les poissons ont disparu. Les humains (les « aliens ») perturbent leur chaîne alimentaire en pêchant dans les eaux glaciales du pôle Nord. Après un très long voyage à la poursuite d’un bateau de pêche, Mumble parviendra, grâce à son talent pour la danse, à attirer l’attention des humains et à leur faire comprendre le problème.

Le seul message ? Même pas ! Ce film lutte aussi contre les superstitions : Mumble ne sait pas chanter, mais est-il pour autant la cause de la famine qui assaille la colonie ? La différence ne doit pas être un critère de discrimination et le message passe comme une évidence. En outre, les parents et les ados s’y retrouveront : Mumble et Memphis, son père, ne semblent pas vraiment sur la même longueur d’onde ; une façon originale de nous montrer qu’on peut être digne de ses parents et les rendre fiers tout en restant soi-même.

À conseiller aux grands comme aux plus jeunes ; l’édition collector regorge de bonus croustillants ! ;-)

Article par Lebh : culfinwen(@)hotmail.com


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