La dernière légion avec Colin Firth
Au cinéma en ce moment, La Dernière Légion, menée par Colin Firth en armure de cuir, a de quoi faire peur, mais surtout aux puristes du genre et aux amoureux des légendes. Une histoire intéressante si seulement on l’avait travaillée, c’est à croire que le scénariste a tenu le pari de passer à la moulinette le moindre instant de ce film d’une heure quarante, misant sur le décolleté d’Aishwarya Rai pour faire grimper le box-office.

L’histoire est classique : un nouveau péplum, débutant dans Rome, où le futur César, un gamin brimé par ses obligations, suit l’enseignement de son précepteur Ambrosinius, un breton magicien à la recherche d’une épée. Mais voilà qu’il est couronné et que les Goths, infâmes barbares assoiffés de pouvoir, prennent Rome, tuent ses parents et le capturent ! Finalement, heureusement que le brave et courageux Aurélius part avec une poignée d’hommes à son secours... Tout se gâte quand l’action quitte Rome pour Capri. Accompagnés d’un mystérieux guerrier de l’Orient, qui n’est autre que la féminine et bien pourvue Aishwarya Rai, les soldats succèdent combats ridicules et passes mal orchestrées. Les dialogues et l’énigme de l’épée d’Ambrosinius sont bâclés, c’est la débandade !
Ce serait encore supportable si seulement l’enfant César pouvait, comme initialement prévu, rejoindre Constantinople pour y trouver asile. Seulement, le scénariste seulement vouloir faire durer l’histoire plus de trente minutes et décide d’un énième rebondissement invraisemblable : encore et toujours une trahison.
Résignés, les pauvres soldats, qui ne sont plus qu’une demi douzaine pour reprendre Rome aux Goths, décident de rejoindre la Bretagne pour y retrouver les derniers légionnaires fidèles à l’Empereur. Sous des airs de déjà vu, Gandalf – oups, je veux dire Ambrosinius ! – mène sa petite communauté de l’épée à travers plaines et montagnes. Arrivé en Angleterre, il s’allonge par terre et embrasse le sol, mauvais remake de Robin des Bois Prince des Voleurs, imitant gauchement Kevin Costner de retour de croisade.
Pour couronner le manque d’imagination, l’ultime combat se donnera au mur d’Hadrien, déjà rendu célèbre par la défaite des Normands face à Keira Knigthley et Clive Owen. Une déception dans la chorégraphie comme dans la mise en scène, des victoires faciles et des épées en carton, la future Excalibur à la main d’un enfant, tout se termine pour le mieux dans le meilleur des mondes.
César prend le nom de Pendragon en renonçant à Rome et épouse une certaine Ignès qui devient la mère d’Arthur, le nouvel élève d’Ambrosinius qui retrouve son nom breton, Merlin. Surpris ? Pas vraiment, non : l’épée de César s’était plantée dix minutes plus tôt dans un rocher… La naissance d’une légende, aucune idée ! Mais celle d’une catastrophe, c’est certain.
Article par Lebh : culfinwen(@)hotmail.com
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