«L’idole des jeunes» fait à 64 ans un bilan mélancolique («La nuit tombe, je range ma vie») et mesure le chemin parcouru: «Que restera-t-il de toutes mes nuits sans sommeil, de ma voix devant l’éternel, de moi?» (Que restera-t-il ?). «J’ai fait le tour, je crois, de ce qu’on pouvait attendre de moi. Quand je regarde en arrière, je ne vois pas ce qu’il me reste à faire» (Ce que j’ai fait de ma vie).

Des états d’âme face au temps qui le désarme, et la mort à qui il demande de ne pas arriver trop tôt. Des bobos sur le coeur pour un blues à la Johnny, loin d’un John Lee Hooker ou d’un Muddy Waters.

Un style fort en voix et en guitares, sur des textes écrits notamment par Michel Mallory (Chavirer les foules), le comédien Bruno Putzulu (Ma vie), Francis Cabrel (dont il reprend la Sarbacane), ou bien encore le romancier Marc Levy (auteur de T’aimer si mal, que Johnny interprète en duo avec le bluesman Taj Mahal).

Ultime surprise : un morceau écrit par Bono (U2) et interprété en anglais. Quand Johnny souffre, il n’a pas le blues, il «est» le blues (I’m the Blues).


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