Aussi prompts à investir leur argent de poche dans un pantalon hors de prix qu'à récupérer les gilets mités de leurs parents, ils déconcertent leur entourage.

Les ados de cette tribu se reconnaissent à leurs chemises de bûcheron à carreaux, leurs jeans usés et leurs sacs à dos ornés de patchs à l'effigie de Nirvana, leur groupe de rock préféré.

À la fois particulièrement tendances et résolument anti-modes, ils cultivent avec brio l'esprit de contradiction cher à Kurt Cobain, défunt chanteur de Nirvana.

Les néo-grunges sont débraillés, anticonformistes et profondément idéalistes.

LOOK GRUNGE

Gilets de laine décousus, vêtements trop grands ou trop petits, bottes militaires ou Converse usées, mélange de vieux et de neuf... Les néo-grunges sont adeptes du «no look». Mais pas n'importe lequel: leur absence de style est soigneusement calculée.

Elle mêle tenues favorites de Kurt Cobain et mode grunge-chic. «Même si on donne l'impression d'avoir enfilé le premier truc qui nous tombait sous la main, la préparation est très longue», sourit Rachel, néogrunge de 16 ans.

Les pantalons déchiquetés s'accompagnent de pièces plus élégantes. S'ils optent pour la veste de bûcheron -symbole de l'Amérique profonde-, ce sera avec un joli slim délavé.

Pas de total look «crade» pour ces héritiers d'une mode punk. Leurs tenues sont toujours relevées d'une petite touche fashion. Les néogrunges ont à coeur de ne pas passer pour réellement négligés.

ORIGINES GRUNGE

Elles remontent aux années 90. Les néo-grunges sont issus du mouvement porté par Nirvana.

Ce groupe de rock alternatif, dont le célèbre chanteur s'est suicidé en 1994, est l'inventeur du style débraillé tant sur le plan esthétique que musical. Les membres de Nirvana se caractérisaient par un certain pessimisme mêlé d'une forte révolte contre le système.


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