Tatouages, Bodypercing : un danger pour les ados ?
Le tatouage et le body piercing sont des pratiques relativement nouvelles en Occident. Les adolescents n’en sont pas les adeptes exclusifs mais ils y découvrent une façon particulière de s’exprimer.

Ces pratiques corporelles s’exercent depuis fort longtemps au sein de peuplades dites primitives. Elles constituent un moyen de témoigner de son appartenance à un groupe et révèlent une intention et une coutume précises : un maquillage pour la guerre ou pour une cérémonie mortuaire, par exemple.
En Occident, cette mode rallie actuellement bien des jeunes qui ont envie de s’offrir une petite fantaisie distinctive.
Contrairement au phénomène observé chez certaines peuplades, ces pratiques ne visent pas qu’à témoigner de leur appartenance à un groupe mais aussi à affirmer leur individualité.
L’adolescent veut se voir et se faire voir autrement, comme pour signifier qu’il n’est plus le même qu’auparavant, une nouvelle marque inscrite dans sa chair en faisant foi !
La majorité des jeunes qui se font un tatouage ou un piercing s’incrivent dans un mouvement de mode, sans plus.
D’autres y voient par ailleurs un rituel important dans la recherche de la définition d’eux-même, dans la quête de leur identité propre et surinvestissent en quelque sorte cette pratique, en affichant des tatouages et des piercing excessifs.
À ce titre, la notion de douleur physique qui accompagne ces pratiques joue un rôle important.
Selon certains auteurs spécialisés en ethnopsychiatrie, la douleur confère un sceau d’authenticité : elle vient signifier que ce rite n’est pas un jeu d’enfant, mais bien quelque chose de vrai et de sérieux qui concerne les grands.
Accepter et supporter cette douleur physique traduit un désir de dépassement de soi et de ses sensations, pour tendre vers une nouvelle définition de soi.
Cette pratique, lorsqu’elle est excessive, peut devenir problématique mais elle ne mène pas nécessairement à un état pathologique.
Il faut tout de même demeurer vigilant et veiller à ce qu’un glissement de sens ne survienne pas, qu’un jeu de mode ne devienne pas le prélude à un dysfonctionnement du rapport de votre adolescent à son propre corps.
Mais l’effet de mode en soi ne pourrait à lui seul expliquer cet éventuel glissement : à la base, il faut que votre ado présente déjà une fragilité au niveau de la perception et de la représentation de soi.
Si en plus s’ajoute l’engouement pour cette mode, la préoccupation qu’il développera pour son corps et pour ce genre de pratiques risque alors de le mener à un comportement anormal.
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