Ce poète des faubourgs et chanteur du mal de vivre a succombé à plusieurs ruptures d’anévrisme.

Hospitalisé après son dernier concert à l’Olympia le 12 novembre dernier, «il a lutté courageusement pendant deux mois et jusqu’au bout» a indiqué sa famille.

Atteint du sida, le chanteur était depuis de nombreuses années sous trithérapie.

Fils du dessinateur Cabu, l’adolescence de Mano Solo a été marquée par les excès.

Délinquance, drogue…

Il arrête l’école à 15 ans et montre rapidement un intérêt pour les disciplines artistiques.

A 17 ans, c’est au sein des Chihuahuas, un groupe punk-rock, qu’il effectue brièvement ses premières armes.

Ensuite, après plusieurs années à peindre des toiles qu’il signe du pseudo «Boredom», «ennui» en anglais, son amour de la musique le rattrape.

Il se lance dans la chanson. En 1993, Mano Solo sort La marmaille nue, premier album avec lequel le public découvrira la voix d’écorché vif et ses textes sombres.

Il a alors 30 ans, et crie sa séropositivité. Suivront sept albums studio dont Frères Misère en 1996 avec le groupe éphémère du même nom.

Il y est question de chômage, de politique, et de racisme.

Son dernier album, Rentrer au port, est sorti en septembre 2009.

Il y chantait avec tendresse l’enfance, l’amour malheureux et toujours et encore la maladie, sur des notes d’accordéon emplies d’espoir.


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