Comment, par exemple, apprécier le fait qu’une personne soit à la recherche d’un emploi ?

Se contente-t-on d’une simple déclaration individuelle ?

Essaie-t-on de définir un seuil d’action effective en matière de recherche d’emploi ?

Ne faut-il pas tenir compte de la disponibilité pour exercer l’emploi qui serait éventuellement trouvé ?

Il n’est pas plus facile d’apprécier l’absence d’emploi d’une personne : à partir de combien d’heures considère-t-on qu’une personne occupe un emploi ? par semaine, par mois ?

Bref, mesurer le chômage exige de se donner des critères conventionnels qui sont essentiels si l’on veut disposer d’une mesure du chômage qui permette des comparaisons dans le temps ou dans l’espace reposant sur un instrument de mesure homogène.

De telles conventions existent au niveau international. Elles ont été élaborées par des statisticiens dans le cadre du BIT (Bureau international du travail).

On parle ainsi du chômage « au sens du BIT » lorsqu’il est mesuré dans les enquêtes statistiques de l’INSEE sur la base de ces conventions.

Mais il existe d’autres modes de mesure du chômage, par exemple la comptabilisation effectuée par l’Agence nationale pour l’emploi en France des personnes qui s’y sont « inscrites ».

L’ensemble des demandeurs d’emploi est réparti en plusieurs catégories. La mesure du chômage qui en résulte est sensiblement différente de la mesure du chômage au sens du BIT.

Elle est évidemment très sensible à tout changement dans les règles que se donne l’ANPE pour classer les demandes d’emploi, et à toute variation de politique en matière de radiation des demandeurs d’emplois inscrits (notamment en raison d’une démarche de recherche insuffisante, ou d’un refus des emplois proposés).

La mesure au sens du BIT reste donc la meilleure mesure du chômage, celle sur laquelle on peut s’appuyer lorsque l’on veut faire des comparaisons, par exemple entre deux régions ou deux moments du temps.


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