Au moins huit personnes tuées, un étranger battu à mort…

Hier, sur la place Tahrir, au Caire, le désordre le plus total continuait à régner.

Armés de pavés et protégés par des barricades, les opposants au régime d’Hosni Moubarak ripostaient aux jets de cocktails Molotov des fidèles du président.

Des tirs nourris retentissaient aux abords de la place, des heurts sporadiques éclataient dans d’autres quartiers.

Les journalistes étrangers étaient eux aussi pris à partie par les partisans du régime.

L’armée, qui joue toujours le rôle de tampon, tentait de garder les deux groupes à distance, alors que les affrontements ont déjà fait plus d’une dizaine de morts et 1 200 blessés.

Moubarak déterminé à rester

La situation restait bloquée, d’autant qu’Hosni Moubarak a réitéré hier soir son refus de plier avant la présidentielle de septembre. «Je voudrais quitter la présidence, mais si je démissionne aujourd’hui, ce sera le chaos», a confié le président égyptien à la chaîne américaine ABC.

Un argument qui ne devait pas suffire à apaiser les manifestants, pas plus que les excuses du Premier ministre, Ahmed Chafic.«Tout le monde ici est blessé mais nous allons rester, assurait hier Mohamed Adil, un manifestant. Nous sommes prêts à mourir ici s’il le faut.» Preuve de cette détermination, la coalition d’opposition a refusé de négocier avec le pouvoir avant le départ du président, maintenant son appel à une mobilisation massive aujourd’hui.


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