Rarement mis en lumière car souvent soumis à la loi du silence, les harcèlements commis entre élèves dans les collèges et les lycées inquiètent au plus haut point les responsables du milieu scolaire. Le ministre de l’Education, Luc Chatel, a reçu hier un groupe de psychologues et de médecins s’alarmant des phénomènes de «bouc émissaire » dans les classes.

Parallèlement, une enquête nationale de «victimation» est menée auprès de 18 000 élèves de collèges publics.

Décrochage et dépression

Les professionnels estiment qu’environ 15 % des élèves seraient concernés par ces harcèlements, en tant qu’auteur (9 %) ou victime (6 %). Insultes à répétitions sur un nom qui prête à sourire, moqueries sur l’avenir d’un élève obtenant de mauvaises notes, remarques déplacées pour une fille qui s’habille de manière féminine… Les attaques peuvent prendre toutes les formes. Elles se poursuivent parfois sur Internet, où les images prennent le relais de la parole. Ne présentant pas de symptômes visibles, ils ont – selon les experts – des répercussions désastreuses sur l’enfant, parmi lesquels le décrochage scolaire.

L’absentéisme est ainsi particulièrement élevé chez ces élèves. A l’école, ils préfèrent se réfugier dans les centres de documentation plutôt que d’aller dans la cour.

Plus grave, certains de ces adolescents isolés tentent parfois de mettre fin à leurs jours.

Cette violence silencieuse peut également avoir des effets à plus long terme.

Alors que les anciennes victimes peuvent avoir à traiter des dépressions lourdes, certains de leurs «bourreaux» continuent par la suite leurs actes de violence au travail ou en famille. Pour ne pas en arriver là, les professionnels préconisent, dans la cour de récréation, de punir l’acte plutôt que la personne.


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