Toulouse : la seule métropole française avec un réseau télécom 100 % public

Armoire de télécommunications et câbles de fibre optique dans une rue française

Neuf habitants sur dix l’ignorent, mais Toulouse est la seule métropole française à disposer d’un réseau télécom entièrement public. Fibre optique et 5G y sont exploitées non pas par un opérateur privé national, mais par une société publique locale créée par la collectivité elle-même. Un choix fait il y a une vingtaine d’années, qui continue aujourd’hui de façonner la vie numérique du territoire.

Un choix fait à la fin du monopole de France Télécom

Au début des années 2000, à la sortie du monopole historique de France Télécom, Toulouse Métropole a fait un pari peu courant : construire et exploiter son propre réseau plutôt que de dépendre exclusivement des opérateurs nationaux. C’est ainsi qu’est née Zefil, la société publique locale chargée depuis une vingtaine d’années de déployer et d’entretenir plus de 1 700 kilomètres de fibre optique sur le territoire métropolitain. Contrairement à un opérateur grand public, Zefil ne commercialise pas d’offres auprès des particuliers : son réseau connecte les hôpitaux, les écoles, les mairies de quartier, les entreprises locales et les infrastructures de transport.

Le projet Hi5, une nouvelle étape vers la 5G souveraine

Ce socle de fibre publique sert désormais de base à un projet plus récent : Hi5 (« High Connectivity via 5G »), un programme cofinancé par l’Union européenne à hauteur de 2,8 millions d’euros sur un budget total d’environ 4,4 millions. Toulouse Métropole y contribue pour près de 3,9 millions d’euros, aux côtés de l’opérateur partenaire Alsatis. Concrètement, ce réseau 5G sécurisé s’appuie sur les infrastructures fibre de Zefil et des équipements Nokia pour alimenter des usages très concrets : communications des services d’urgence, connectivité lors de grands événements, transmission vidéo en temps réel pour la sécurité du métro Tisséo, éclairage urbain intelligent ou encore expérimentations de véhicules autonomes dans certaines zones d’innovation.

Pourquoi ce modèle reste rare en France

La plupart des collectivités françaises ont fait le choix inverse : déléguer entièrement le déploiement de la fibre et des réseaux mobiles à des opérateurs privés, quitte à cofinancer certaines zones peu denses. Toulouse a conservé la maîtrise directe de son infrastructure, un choix que les responsables de la métropole justifient aujourd’hui par un enjeu de souveraineté numérique : à l’heure où les données et les réseaux deviennent stratégiques, une collectivité ne peut plus se contenter d’être simple utilisatrice de ses infrastructures. Dès novembre 2017, Zefil avait d’ailleurs été la première structure en France à déployer certaines briques réseau sur ses lignes de métro, devançant Paris et Rennes sur ce terrain.

Un atout pour les acteurs économiques locaux

Pour les entreprises et institutions installées sur la métropole, ce réseau public représente une alternative aux offres des grands opérateurs télécoms, avec un interlocuteur unique ancré sur le territoire. Une manière, pour Toulouse, de transformer un choix d’infrastructure vieux de vingt ans en avantage compétitif numérique pour ses acteurs économiques.

Questions fréquentes

Qui exploite le réseau télécom public de Toulouse ?

Il s’agit de Zefil, une société publique locale créée par Toulouse Métropole il y a une vingtaine d’années, qui exploite plus de 1 700 kilomètres de fibre optique sur le territoire.

Les particuliers peuvent-ils s’abonner à ce réseau ?

Non. Zefil ne commercialise ses services qu’auprès des professionnels et des établissements publics (hôpitaux, écoles, mairies, entreprises), pas auprès des particuliers.

Qu’est-ce que le projet Hi5 ?

Hi5 est un programme européen déployant une 5G sécurisée sur la métropole toulousaine, en s’appuyant sur la fibre de Zefil et des équipements Nokia, pour des usages allant de la sécurité du métro à l’éclairage urbain intelligent.

Sources

par Marion Marchand

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