À Cherbourg-en-Cotentin, dans la Manche, la municipalité engage une course contre le temps pour sauver le chalutier Jacques-Louise, dernier témoin de la grande pêche locale. La ville souhaite faire déplacer le bateau au sec avant la fin de l’année, en préservant au moins certains de ses éléments les plus emblématiques si une restauration complète s’avère impossible.
Un symbole de la grande pêche cherbourgeoise
Construit en 1958 par le chantier naval Bellot, à Cherbourg, pour le compte de Jean Fiant, un ancien pêcheur de Grandcamp installé dans la ville depuis 1952, le Jacques-Louise a été lancé le 21 juillet 1959 dans le bassin de l’avant-port. Il porte les prénoms des parents de son propriétaire. Ce chalutier en bois de chêne, conçu pour la pêche latérale au large, a été désarmé en 1991, alors que ce type de navire de travail disparaissait des ports normands. Cinq ans plus tard, en 1996, il est classé monument historique, reconnu comme l’un des derniers vestiges de ces chalutiers en bois à pêche latérale qui ont fait, pendant des décennies, la réputation de la flottille cherbourgeoise, forte à l’époque de plus de quarante bateaux.
Une seconde vie menacée
De 1995 à 2021, l’association « Les Amis du Jacques-Louise » a entretenu le navire et organisé son accueil au public lors de la saison estivale et d’événements nautiques et culturels : plus de 35 000 visiteurs sont montés à bord durant cette période. Les visites se sont toutefois arrêtées en 2020, l’état du bateau ne permettant plus de recevoir du public en toute sécurité. En 2021, la ville de Cherbourg-en-Cotentin reprend le navire pour l’euro symbolique et engage depuis des mesures conservatoires : sécurisation de la coque en 2022, puis installation d’une bâche de protection à l’automne 2023 pour limiter les dégâts liés aux intempéries sur la coque en bois.
Mise à sec avant fin 2026 : une course contre le temps
Ces mesures d’urgence ne suffisent toutefois pas à stabiliser durablement l’état du chalutier, exposé en permanence à l’humidité du port. La ville veut donc organiser une mise à sec du Jacques-Louise avant la fin de l’année 2026, afin de stopper la dégradation de la structure et, le cas échéant, de sauvegarder certains éléments du bateau comme témoins du patrimoine maritime local, si une restauration intégrale à flot devait se révéler hors de portée financièrement. Il s’agit d’une opération délicate pour un navire de cette ancienneté, dont la coque en bois a passé l’essentiel des trente dernières années dans l’eau du port.
Pourquoi cette initiative compte pour le territoire
Au-delà de la seule question patrimoniale, ce dossier illustre un mouvement plus large : plusieurs villes françaises choisissent aujourd’hui de transformer un patrimoine fragile ou oublié en atout pour leurs habitants et leurs visiteurs. À Tours-Nord, un jardin privé oublié depuis soixante-dix ans est ainsi devenu un parc public, preuve qu’un bien délaissé peut retrouver une utilité collective quand une collectivité s’en saisit à temps. Les villes portuaires françaises multiplient aussi les investissements pour rester attractives : à Brest, un nouveau parking en centre-ville a été ouvert pour moderniser l’accès au cœur de la cité, tandis qu’à Quimper, de nouvelles règles de stationnement visent à redynamiser le commerce local. Pour Cherbourg-en-Cotentin, sauver le Jacques-Louise, c’est préserver un repère commun dans le paysage du port, à l’heure où les derniers témoins directs de la grande pêche hauturière disparaissent peu à peu.
- 1958-1959 : construction du chalutier par le chantier naval Bellot, à Cherbourg
- 1991 : désarmement du navire après plusieurs décennies de pêche
- 1996 : classement au titre des monuments historiques
- 1995-2021 : plus de 35 000 visiteurs accueillis à bord par l’association Les Amis du Jacques-Louise
- 2021 : reprise du navire par la ville pour l’euro symbolique
- 2022-2023 : sécurisation de la coque puis pose d’une bâche de protection
- Avant fin 2026 : objectif de mise à sec du bateau
Questions fréquentes
Pourquoi le chalutier Jacques-Louise est-il protégé ?
Il est classé monument historique depuis 1996 car il compte parmi les derniers chalutiers en bois à pêche latérale encore existants, témoin direct de la grande période de la pêche au large à Cherbourg, quand la flottille locale comptait plus de quarante bateaux.
Pourquoi la ville veut-elle le mettre à sec avant fin 2026 ?
La coque en bois, exposée en permanence à l’eau du port malgré les mesures prises en 2022 et 2023, continue de se dégrader. Une mise à sec doit stopper cette dégradation et permettre de sauvegarder au moins une partie du navire comme témoin du patrimoine maritime local.
Peut-on encore visiter le Jacques-Louise ?
Non, les visites à bord sont suspendues depuis 2020 en raison de l’état du navire, qui ne permet plus d’accueillir du public en sécurité. Le bateau reste toutefois visible amarré dans le port de Cherbourg.
Sources
Ville de Cherbourg-en-Cotentin – Le chalutier Jacques-Louise
Comité Régional du Patrimoine Maritime Normand – Les Amis du Jacques-Louise
Inventaire général du patrimoine culturel de Normandie – Dossier IM50000720
Cet article a été rédigé avec l’aide d’une intelligence artificielle. Politique éditoriale

